Attaque sur la grand' route

Date : samedi 23 avril 1824
Heure : 21h30
Lieu : Route de Beaune à Chalon-sur-Saône
Victime : Pierre Antoine Renaud, limonadier à Beaune
Accusés : deux inconnus
Objet du rapport : Agression et vol

Pièces-jointes : Document 1 - Document 2

Voici une affaire qui nous prouve que les routes n’étaient pas sûres au XIXe siècle et qu’il était possible de croiser des brigands violents et particulièrement déterminés.

Les faits

Le dimanche 24 avril 1825, le commissaire de Beaune écrit à Monsieur le Maire pour lui faire part d’une agression ayant eu lieu la veille sur la route de Beaune à Chalon.

Le commissaire explique en effet que Pierre Antoine Renaud limonadier au café Edouard à Beaune

« se rendant seul et sans arme dans une petite cariole découverte à Chagny pour faire préparer les chevaux de poste nécessaires aux trois voitures du prince de Metternick a été arrêté sur la route de Beaune à Chalon vis-à-vis l’embranchement du chemin vicinal tendant de Tailly à Volnay par deux inconnus de forte taille âgés d’environ 34 à 40 ans vêtus de blouses bleues et armés de bâtons gros et courts ».

S’en suit un scénario digne d’un western ! L’un des brigands reste sur sa monture tandis que l’autre tente d’escalader la carriole en demandant à Pierre Renaud « Bourse ou vie ». Après une demi-heure de lutte les deux hommes arrivent à faire chavirer la carriole et l’un des brigands saisi Pierre Renaud à la gorge et lui sert la cravate, tandis que l’autre le fouille et lui dérobe quarante-cinq francs. Les deux bandits prennent ensuite la fuite.

Le Commissaire de Police écrit ensuite

« Monsieur Renaud quoique violemment meurtri ayant le bras, le poignet et la main gauche foulés a rempli sa mission ».

Rappelons-le monsieur Renaud avait pour mission de se rendre à Chagny pour préparer les chevaux nécessaires à la venue du prince de Metternich. Le prince de Metternich est un diplomate autrichien. Avec cette phrase, le commissaire note donc l’héroïsme dont a fait preuve monsieur Renaud pour mener à bien sa mission. Il explique ensuite qu’il a fait part au procureur du roi des soupçons qu’il avait concernant certains individus mal famés, nous n’en savons malheureusement pas plus. Le commissaire assure au Maire que les gendarmeries de Beaune et de Chagny mènent une enquête poussée pour connaitre les auteurs de cette agression.

Sources :

Archives municipales de Beaune, I 1 § §11, article 1, n°1. Crimes et délits