L’affaire Dulac - Favier

Date : 21 septembre 1730
Victime : Nicolas DULAC
Accusé : Antoine FAVIER
Objet du rapport : Vol et défaut de paiement

Pièces-jointes : 1 document

Nous sommes en 1730, à Beaune, dans le milieu du commerce, des marchés, des vendeurs à la criée. Le plaignant, Nicolas Dulac, marchand « forain », gagne sa vie tant bien que mal en vendant des bouteilles d’huile d’olives. Il ne les vend pas au litre – mesure mise en place à la Révolution - mais à la livre (une livre = 500 g). Le matin du 21 septembre, il vient déposer plainte pour vol d’une partie de sa marchandise et absence de paiement auprès du maire, d’un avocat et d’un greffier, personnalisation de l’autorité de la ville. Voici le témoignage :

Les faits

Un mardi, vers les six heures du soir, une femme se présente à Nicolas Dulac. Celle-ci désire dix-sept livres d’huile d’olives. Notre marchand répond à la demande de la jeune femme qui affirme vouloir commander la même quantité d’huile le lendemain matin, et qu’elle lui paiera le tout à cette occasion.

Le mercredi suivant, la journée durant, notre plaignant attend la visite de la jeune femme. Ni elle, ni l’argent qu’elle lui devait ne se présentent. Nicolas Dulac n’attend pas pour réclamer justice. Les autorités lui ont permis de visiter toutes les maisons de la ville afin de prendre en chasse cette mystérieuse demoiselle femme de chambre. En vain.

Un avis de recherche est alors placardé dans toute la ville. Les témoignages conduisent le plaignant à … un jeune homme, vu plusieurs fois aux Halles de la ville, marchand d’huile d’olives lui aussi. Pour réaliser son vol, ce dernier avait choisi de se dissimuler sous les traits d’une femme. Vêtements et coiffe adéquats ont été également volés à la femme du concierge des Halles.

Accompagné d’agents de l’autorité, Nicolas Dulac trouve le délinquant. Celui-ci nie les faits et est conduit en prison puis interrogé. Le voleur se nomme Antoine Favier, originaire du Dauphiné. Il a 16 ans. Son acte était, en fait, une réponse collective au geste malhonnête de Nicolas Dulac. En effet, ce dernier devait, depuis un moment, de l’argent à cinq marchands et à Antoine Favier, pour l’achat de cocardes et de rubans. Le vol organisé était une tactique pour attirer Nicolas Dulac et lui faire payer sa dette. Sans autre forme de procès, le voleur travesti est mis en prison. Nous n’en savons hélas pas davantage.