L’assassin habite dans le 21

Attentat à la pudeur

Date : 26 janvier 1842
Lieu : Place de la halle
Heure : 6 heures du matin
Victime : Marie Cyrot (18 ans)
Accusés : Henry Jaffelin (vinaigrier) et Eugène Xavier Ferret (fabricant de vins mousseux)

Objet du rapport : Attentat à la pudeur

Pièces-jointes : 1 document

Au matin du 26 janvier 1842, c’est une jeune femme, Marie Cyrot, âgée de 18 ans, qui se présente au commissariat de police. Elle témoigne :

Les faits

Quelques jours auparavant, le 11 du même mois, elle se rendait place de la Halle, en direction de la pharmacie de M. Jean-Baptiste Ballerat afin de se procurer des sangsues.

Vers 6 heures du matin, alors qu’elle patientait devant la porte de la boutique, deux individus identifiés comme étant Henry Jaffelin, vinaigrier âgé d’environ 24 ans et Eugène Xavier Ferret, fabricant de vins mousseux, ont surgi puis

« l’ont saisie, menacée et porté les mains sous sa jupe ».

Le commissaire de police, inscrivant sa plainte, conclut à un attentat à la pudeur et assure que le rapport sera transmis au Procureur du Roi. Une nouvelle fois, nous n’avons aucune indication concernant la suite de cette affaire. Nous pouvons seulement constater que Marie Cyrot, visiblement bouleversée, a attendu quinze jours avant de se rendre au commissariat et déposer plainte.

Transcription du rapport de police

« Un attentat à la pudeur des femmes a été découvert au commissariat de police, les renseignements ont fait connaître que Henry Jaffelin, âgé d’environ 24 ans, vinaigrier place St Pierre et FERRET Eugène Xavier, fabricant de vin mousseux, en étaient les auteurs. Le 11 de ce mois, vers les 6 heures du matin, ils ont trouvé à la porte de M. Ballerat, une demoiselle, Marie Cyrot, âgée de 18 ans qui attendait qu’on lui ouvre, pour avoir des sangsues. Ils l’ont saisie, menacée, et porté les mains sous sa jupe. La déclaration de cette fille a été reçue, elle sera transmise à M. Le Procureur du Roi avec les renseignements.

Hier, le cheval des frères Bernheim, a brisé la croisée de M. Ballerat Pharmacien, les dommages ont été estimé 58 francs non compris la croisée ».

Notes des archivistes

Nous pouvons voir en consultant le document original que les rapports de police de cette période sont inscrits les uns à la suite des autres. En général, les affaires se suivent et ne se ressemblent pas. Cependant, c'est grâce à l’affaire suivant celle de Marie Cyrot que nous avons découvert la profession de M. Ballerat. En effet, ce dernier n'est identifié que par son nom dans notre affaire, mais il est identifié comme pharmacien dans la seconde entrée du rapport de police (il signale qu’une voiture à cheval a brisé « la croisée » de sa boutique). Des recherches plus détaillées nous ont révélé que sa pharmacie se trouvait Place de la Halle.

Sources :

Archives municipales de Beaune, I1 § 1 (rapports de police 1839-1859)