L’assassin habite dans le 21

L’affaire de la « Pute sanglante »

Date : août 1383
Victime : Philippe
Accusé : Perrenet Duxel
Objet du rapport : Assassinat

Pièces-jointes : 1 document

La duchesse Marguerite de Bourgogne produit ici des lettres de grâce suite à un assassinat.

Les faits

Alors que Perrenet Duxel se repose dans une chambre louée à un bourgeois de Beaune, il entend des hurlements dans la rue. Il s’avère que sa fiancée Colette est violemment prise à partie par un dénommé Philippe et quelques complices qui l’injurient en l’affublant du surnom de « pute sanglante » et la rouent de coups. On ne connait pas les motifs de ces insultes.

Toujours est-il que le sang de Perrenet Duxel ne fait qu’un tour, il sort et interpelle le groupe en lui demandant de cesser ces insultes et d’arrêter de battre sa femme. Une rixe s’ensuit entre Perrenet et Philippe. Alors que Perrenet semble en mauvaise posture après avoir reçu un coup au visage, il se saisit du couteau de son adversaire et le tue.

Un tel crime est normalement passible de mort mais devant l’insistance des amis de Perrenet Duxel qui plaident sa cause et devant le fait que Perrenet et sa femme avaient été victimes d’insultes et de coups et blessures, la duchesse Marguerite octroie sa grâce à ce dernier.

Transcription partielle de l’acte

Marguerite duchesse de Bourgogne, ayant en absence de monseigneur, le gouvernement de son duché, savoir faisons à tous presens et à venir que ? le dit jour de Saint Laurent, dernièrement passé, Perrenet Duxel demeurant à Beaune fut couché en son lit en une chambre qu’il avoit louée d’un bourgeois de ladite ville, et il sort ainsi que devant sa dite chambre un charreton que l’on appeloit Philippe qui en ladite demeuroit ? avec plusieurs complices et assailli Colete, femme fiancée dudit Perrenet en disant que elle estoit Pute Sanglante, et la battir vilainement et pour ce vuit ( ?) ledit Perrenet, mari dicelle femme qui vit lesdits battements faites et dites à sa dite femme et dit audit Philippe et à ses dits complices qu’ils mentoient mauvaisement de l’appeler putain et qu’ils faisoient mal de battre sadite femme, et lors respondit le dit Philippe qu’il mentoit comme refien ( ?) sanglant qu’il étoit, et incontinent le dit Philippe donnast audit Prennet di poing sous le menton tellement qu’il le abbatit en la chaussée ( ?) et lors monta icelui Philippe sur le dit Perrenet et le tint par grand espace de temps sous lui et après qu’il fut relevé de terre, les dits Perrennet et Philippe se prirent l’un ( ?) que ledit Prennet en tenant l’un l’autre prit le coutel du dit Philippe en défendant son corps de mort et en tenant l’un l’autre comme dit est, ledit Prennet servit ( ?) ledit Philippe dudit coutel tellement qu’il fut mort en la place en lui revengeant comme dessus est dit

et les amis dicelui Perrennet nous ayant moult humblement supplié que dit Prennet sur le dit cas nous veyons ( ?) notre grâce. Nous, attendus les choses dessus ? et leurs supplications avant au cas dessus dit à ycelui Pernnet remit quitte et pardonné et par ses présentes de grâce et spéciale donnée ? et de l’autorité de mon dit seigneur dont nous usons à présent, remettons, quittons et pardonnons, le méfait dessus dit avec toutes peines et amendes criminelles, corporelles, et civiles que pour occasion dudit mefait est encouru et le restituons à sa bonne renommée au pays et à tous ses biens, sauf le droit de ? à le poursuivre civilement et non autrement. Ordonnons au mandement à notre bailli de Dijon et au maire de Beaune et tous autres officiers de justice de mon dit seigneur présents et avenir ou à leurs héritiers et à chacun d’eux si comme à lui appartiendra de ? notre grâce. Il fasse et laisse le dit Prennet Duxel paisiblement jouir ? et autre la teneur dicelle ne le contraigne, moleste ou empêche ou souffre estre contraint molesté, et empêché en aucune manière mais son corps ou ses biens ? pour le dit fait, pour présents faits ou arrêtés lui mette ou fasse mettre à ? de lui et de nous autres amendement attendre et que ce soi fermes choses et établis ? nous avons fait mettre à ses présentes le grand selle de la cour de mon dit seigneur en absence du ??? en autre le droit du dit monseigneur ?? en toutes. Ce fut fait à Beaune l’an de grâce 1383 au mois d’aoust.