L’assassin habite dans le 21

Rixe au bal du Vauxhall

Date : 22 janvier 1837
Lieu : Salle du Vauxhall
Victimes : Alexandre Gaulard et Melle Goiry
Accusé : Frédéric Maurice
Objet du rapport : Bagarre et menaces

Pièces-jointes : Document 1 - Document 2

En ce jour de 31 janvier 1837, l’agent de police Eléonore Bouley reçoit la plainte d’Alexandre Gaulard, menuisier de son état, contre un étudiant nommé Frédéric Maurice.

Les faits

Le soir du dimanche 22 janvier, le jeune Gaulard emmène danser au bal la demoiselle Goiry, sa fiancée. Or, celle-ci était visiblement convoitée par le sieur Maurice depuis plusieurs dimanches déjà. Lors de cette soirée, alors qu’Alexandre Gaulard s’absente de la salle de bal quelques instants, Frédéric Maurice s’approche de la demoiselle pour lui demander une danse. Celle-ci lui répond aimablement qu’elle est engagée pour la soirée, en d’autres termes, elle a déjà un cavalier et danser avec un autre que lui serait lui faire infidélité. Vexé, le jeune étudiant lui répond alors :

« Vous ne voulez pas danser avec moi ? Alors vous ne danserez pas ! »

C’est alors que le fiancé de la demoiselle revient et s’interpose pour demander des explications. Le sieur Maurice renchérit :

« Vous ne voulez donc pas que cette demoiselle danse avec moi, eh bien elle ne dansera pas ! »

Interloqué, Alexandre Gaulard lui répond qu’étant son fiancé, c’est lui qui doit danser avec elle toute la soirée « et elle ne dansera pas avec d’autre ».

Fou de rage, et nous supposons de jalousie aussi, Frédéric Maurice commence à en venir aux mains. Quelques compagnons des deux hommes arrivent à les séparer et à éviter toute catastrophe. Alexandre Gaulard préfère ne pas poursuivre le face-à-face et sort de la salle avec sa fiancée. Alors que le couple tourne les talons, le jeune homme affirme entendre de la bouche de l’étudiant qui était derrière lui :

« si j’avais un couteau, je lui plongerais dans le ventre ! »

Cette phrase enclenche l’excitation de ses camarades qui le poussent alors à agir, mais l’affaire s’arrête tout de même là, dans une dernière menace :

« je te tiendrai toujours plus tard ! »

Prenant les devants, Alexandre Gaulard a d’abord écrit au principal du collège afin que celui-ci calme les ardeurs du sieur Maurice. Malgré cela, la punition n’est pas établie. Le jeune ouvrier finit sa plainte en affirmant qu’il désire avant tout que Frédéric Maurice le laisse tranquille.

Notes des archivistes

La série I des Archives municipales de Beaune évoque les petits délits et les rixes qui rythment la vie de Beaune qui compte alors 10 000 habitants. Un des lieux de rencontre favoris des jeunes Beaunois qui est aussi un lieu potentiel de bagarres est à cette époque la salle du Vauxhall qui se trouvait à l’emplacement actuel du théâtre. On y jouait des spectacles et les Beaunois s’y retrouvaient pour faire la fête.

Sources :

Archives municipales de Beaune, I1 §5 n°2 (Bals et amusements)